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XXVI semaine du Temps Ordinaire – Mardi

Œuvrer afin que tout soit accompli 

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village. Lc 9,51-56

Dans la profession d’ingénieur, il y a une phase du projet qui est la plus belle, la plus fascinante et la plus importante : l’achèvement du projet. C’est le moment dans lequel l’installation à été réalisée, le budget a été dépensé, le délai octroyé s’est presque complètement écoulé : il faut alors mettre l’installation en fonction et la remettre à qui l’a commandée. C’est le moment où l’on revient à la maison en laissant, là où il y avait le désert, une installation qui marche et une cheminée qui fume, signe de vie et de grande activité. De même, dans la vie des parents il y existe une phase qui est belle et importante : c’est quand les enfants ont grandi, les années se sont écoulées, les parents se rendent compte que leurs forces les abandonnent et les enfants commencent à marcher sur leurs propres jambes en s’insérant en tant que forces actives dans le cycle de production de la vie. C’est le moment dans lequel le projet d’amour s’ « est accompli » (Jn 19,30), on remet au Père le mandat confié et, pendant les années qui restent encore, on prie afin qu’il porte ses fruits.

C’est bien là la phase du projet du salut du monde que Jésus est en train de vivre dans l’évangile d’aujourd’hui : « Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. » Pour Jésus, prendre la route de Jérusalem veut dire aller mourir sur la croix et achever ainsi l’œuvre du salut que le Père lui a confié. Ensuite il sera « élevé de terre » et retournera au Père. Ce moment là devrait être le moment des remerciements et de la reconnaissance à l’égard de celui qui est en train de conclure son œuvre visant à sauver le monde du péché, de ses limites et de ses craintes, mais ce n’est pas du tout le cas : les Samaritains « refusèrent de le recevoir » et le petit groupe de disciples qui l’accompagne, ne comprenant pas encore le moment que Jésus de Nazareth est en train de vivre, lui propose des piètres vengeances. Alors, il interpelle vivement ses disciples tout en ne se décourageant point : « Et ils partirent pour un autre village. » Il y a toujours un autre village vers lequel se diriger, et quelqu’un qui a encore besoin de notre service pour que nous puissions donner un sens au temps de la vie qu’il nous reste encore à vivre : jusqu’au moment où tout « est accompli ».

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